Aaron : We cut the night


Au moment imprévisible où ses lignes vocales sobres et sombres avaient rencontré son électro pointilliste, Aaron s’était imposé, dès les premières notes de « Artificial landing on neverland », et bien en-deçà de la reconnaissance que le titre « U-Turn (Lily) » a bien pu lui offrir pour sa part en marge du film « Je vais bien ne t’en fais pas », comme la référence française d’une électro ré-humanisée, capable de porter le propos de compositions fines et variées, associées à un texte qui fait sens, au-delà des frontières hexagonales. Leur second opus n’avait pas manqué de poursuivre dans cette voix, mais nous étions pour notre part restés sur notre faim, comme un amant déjà lassé, en quête d’un tournis qui seul était parvenu, avec « Lost highway » notamment, à enrayer sa quotidienneté déprimante. C’est donc d’un pas retenu que nous sommes entrés dans ce « We cut the night », troisième opus des jeunes prodiges de l’émotion synthétique. D’entrée, la fluidité, assez poppy, qui caractérisait le rythme d’Aaron est toujours présente (« Blouson noir », « The Leftovers »), ainsi que cette étrangeté, née des sombres accords entre répétition lancinante et ambiances éthérées (« Ride on », « Invisible stains »). Au-delà, le duo parvient (enfin !) à se hisser de nouveau largement au-dessus du lot, magnifiant la rencontre musique / texte dans une musicalité qui n’a d’égale que la sensibilité que convoquent ses compositions enveloppantes (« Magnetic Road », « Maybe on the moon », « shades of blue »). Aaron a toujours fait le choix d’une musique intimiste, précise sans laisser place à d’inutiles fioritures, et ce nouvel album n’échappe pas à cette règle : tout y est minutieusement dosé, travail d’orfèvre où les beats finissent par entraîner notre propre rythme cardiaque, s’assurant de nous emporter avec eux dans les envolées justes et oniriques de leurs refrains plein d’espoir, qui contrebalancent la texture grave de l’album pour le magnifier (« Onassis », « We cut the night »). C’est maintenant sûr : si Aaron avait atterri sans prévenir dans le champ de nos émotions il y a maintenant huit années, il est maintenant chez lui chez nous, nous invitant à partager de vrais grands moments de musique électro. Un bien bel album, fragile comme une feuille d’automne, à bord duquel il fait bon se laisser emporter.


At the unpredictable moment when their sober and dark vocal lines had met their pointillist electro music, Aaron had stood out, from the first notes of  » Artificial landing on neverland « , and well below the recognition which the title  » U-Turn ( Lily)  » was able well to offer them for its part outside the movie  » Je vais bien ne t’en fais pas « , as the French reference of an electro music re-humanized, capable of carrying the subject of compositions fine and varied, associated with a text which makes sense, beyond the hexagonal borders. Their second opus had not missed to continue in this way, but we had for our part been left unsatisfied, as an already tired lover, in search of a sturdy which only had succeeded, with  » Lost highway  » in particular, in checking his depressing everyday nature. It is thus of the reserved step that we entered these  » We cut the night « , the third opus of the whiz kids of the synthetic emotion. From entrance, the fluidity, enough poppy, which characterized the rhythm of Aaron is always present ( » Blouson Noir « , « The Leftovers »), as well as this strangeness, arisen from the somber agreements between stabbing repetition and ethereal atmospheres (« Ride on », « Invisible stains »). Beyond, the duet reaches (finally!) to raise itself again widely largely above the average, glorifying the meeting music / text in a musicality which has an equal only the sensibility that summon her captivating compositions (« Magnetic Road », « Maybe one the moon », « shades of blue »). Aaron always chose an intimist, precise music without giving way to useless flourishes, and this new album does not escape this rule: everything is minutely measured there, work of silversmith where beats eventually leads our own heart rhythm, making sure to take us with them in the just and dreamlike surges of their tunes hopeful, which counterbalance the grave texture of the album to glorify it (« Onassis »,  » We cut the night « ). It is now sure: if Aaron had landed without warning in the field of our feelings now eight years ago, he is now at his home at ours, inviting us to share real great moments of electro music. A very beautiful album, fragile as an autumn sheet, aboard which he well makes let itself take.

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