Lifestyle : Sur la route de Madison | The way of Madison


Depuis plusieurs années, et en particulier grâce au développement d’internet, puis des réseaux sociaux et enfin des communautés de spécialistes, le nombre de sites dédiés aux modèles, comprenez aux amateurs et amatrices de mannequinat, a explosé, parmi lesquels Book.fr, kabook.fr, mais aussi focale31.com et tant d’autres. Bien normal, compte tenu du nombre d’inscrits, qui va croissant, globalement, même si la tendance est, pour une même personne, aux multi-inscriptions. Fort heureusement, si ces sites peuvent choquer de prime abord par la quantité de détails demandés (couleurs des cheveux, des yeux, mensurations, présence de piercings, tatouages, type de photos accepté, mais aussi origine ethnique par exemple), force est de constater que modèles ronds et rondes, de toutes les origines et couleurs de peau, sont bien présents. Pourtant, la majorité reste fidèle aux tendances de la mode, minceur et centimètres élevés ayant encore le vent en poupe. [S]oundlyfe a découvert ce milieu en recherchant des bénévoles pour réaliser ses couvertures de magazines. C’est fort de ces rencontres, de ces expériences, pour le moins concluantes, en sus de s’être parfaitement déroulées, en présence d’amateurs avec une conscience de travail digne de professionnels, que nous avons souhaité poser la question du pourquoi.

Et pour ce faire, nous avons demandé à Madison Monino, jeune modèle amatrice qui exerce également ses talents côté courts-métrages et figurations, de nous en dire un peu plus sur ce monde, du haut de ses dix-sept ans. La jolie adolescente, qui captive le tout internet de ses yeux magiques et de ses traits harmonieux, a accepté, sans manière aucune. Vous pouvez retrouver dans nos pages son interview en vidéo, réalisée par Liiliia Hout, en direct du Sud de la France (les voyelles qui chantent les auraient trahies sans que nous ne vous prévenions). Madison donne un peu l’impression de ne pas tout maîtriser des enjeux réels ou potentiels de ce milieu, de ce métier, qu’elle côtoie suffisamment pour être semi-professionnelle, alors qu’elle ne se conçoit qu’amatrice et souhaite le rester. Mais il y a au fond d’elle-même, dans ses silences, une réelle simplicité, une volonté de vivre son rêve jusqu’au bout, de ne pas vouloir entâcher la toile. Tout ce qui peut être vécu en ce sens est bon à prendre.

Qui serions-nous pour le lui reprocher ? Est-il encore temps aujourd’hui de faire croire à une jeune adolescente que l’apparence ne compte pas ? Qui tentera de la convaincre ? Et pourquoi le ferait-on, si cela lui permet de se révéler, de s’exprimer ? C’est bien le sens de nos questions, de notre message à Madison et à toutes celles et ceux qui voudraient s’aventurer dans ce milieu : il n’est pas interdit de rêver, tant que l’on se souvient que l’on rêve, qu’un jour le générique de fin tombera, voire que pour certains, le rêve ne commencera jamais vraiment. Parce que l’hypocrisie du monde qui vous invite à vous mettre à nu, dans vos imperfections, à « venir comme vous êtes », appartient bien aux mêmes qui par ailleurs déversent les lois du diktat de la perfection, du consommable, du partageable, à l’ère du tout-connecté.

Madison a fort heureusement rencontré, au-delà de techniciens talentueux, dont la photographie est le métier, des photographes pros mais aussi beaucoup d’amateurs, qui ont permis de livrer une autre perception d’elle-même, loin du glamour, de la provocation, des standards du mannequinat, dans un sens du regard, dans une couleur, un sentiment perçu et immortalisé. C’est le cas sur la photo ci-dessous, par exemple. Espérons que la route de Madison sera peuplée de ces rencontres, qui nous la font découvrir, en images figées comme en mouvement, pleine de talent, d’envie de croquer la vie, comme toute mine aurait envie en retour de la croquer d’un trait ou deux de sanguine, de mine de plomb, comme une bien belle manière de stopper le temps.

Car au-delà de toutes les réflexions sur le paraître dans notre monde actuel, il y a d’abord la peur de la mort, de la fin, celle qui hante depuis toujours la société humaine. Parce qu’il s’agit peut-être du caractère qui définit aujourd’hui le mieux l’Homme : la conscience exacerbée, suffocante, de sa finitude, en ces temps où tel accident, tel attentat, telle catastrophe naturelle, nous rappelle à notre condition. Madison et ses comparses s’inscrivent alors dans un rôle passionnant de représentation, voire d’incarnation de cette lutte inégale contre le temps, pour l’éternité, ce combat que l’on appelle l’Art. Qu’importe alors les mensurations (les a-t-on demandées aux modèles de Delacroix ou Picasso ?). Seule la vie compte, seule l’intention de vie compte. Et force est de constater qu’elle imbibe chaque coin de photo, chaque expression devant la caméra de la jeune Madison, et de tant d’autres, bien entendu.

C’est en ce sens que nous avons choisi de dédier chaque semaine notre « une » du site à leur présentation, dans ce que nous apprécions le plus de leur travail, et de leur donner l’occasion d’être soutenus dans leur réalisation par nos lecteurs. Un vote qui leur permettra d’être à leur tour immortalisés à la une de notre magazine mensuel. Cette semaine, c’est donc Madison Monino, qui nous donne l’occasion d’évoquer, dans cette rubrique Lifestyle, l’univers des modèles et books, en même temps qu’elle donne à découvrir son travail. Merci de vos soutiens (pour eux) et à la semaine prochaine (avec nous), pour une nouvelle exploration, autour de notre sujet initial : « Talkin’ about my generation » (et si nous parlions générations, usages, modes ?).


For several years, and in particular thanks to the development of internet, then social networks and finally specialists communities, the number of sites dedicated to the models, include to the amateurs of modelling, exploded, among which Book.fr, kabook.fr, but also focale31.com and so many others. Very normal, considering the number of subscribers, which keeps increasing, globally, even if the tendency is, for the same person, for the multi-registrations. 

Very fortunately, if these sites can shock at first sight by the quantity of asked details (colors of hair, eyes, measurements, presence of piercings, tattoos, accepted type of photos, but also ethnic origin for example), we have to admit that round models, of all the origins and the skin colors, are very present. Nevertheless, the majority remain faithful to the trends of the fashion, the thinness and high centimeters were still on the roll. [S]oundlyfe discovered this environment by looking for volunteers to realize its magazines covers. It is strong of these meetings, these experiences, at least decisive, to have perfectly taken place, in the presence of amateurs with a working consciousness deserving of professionals, that we wish to ask the question : why.

And to do it, we asked Madison Monino, young model amateur who also exercises her talents in short films and representations, to tell us a little more on this world, down from her seventeen years. The attractive teenager, who captivates any internet of her magic eyes and harmonious lines, accepted, without hesitation. You can find in our pages her interview in video, realized by Liiliia Hout, directly from the South of France (the vowels which sing would have betrayed them without we warned you). Madison seems not to master everything real or potential stakes in this environment, in this business, which she is enough next to be semi-professional, while she conceives only amateur and wishes it to stay. But there is at the bottom of herself, in the silences, a real simplicity, a will to live the dream up to the end, not to want to soil the painting. All which can be this way lived is good to take.

Who would we be to blame her for that ? Is it even necessary time today to persuade to a young teenager that the appearance does not count? Who will try to convince her? And why would we make it, if it allows her to show herself, to express herself? It is good the sense of our questions, our message with Madison and with all those who would want to venture into this environment: it is not forbidden to dream, as long as we remember that we dream, that one day the end credits will fall, even that for some, the dream will never begin really. Because the hypocrisy of the world which invites you to lay bare you, in your imperfections,  » to come as you are « , belongs well to the same who besides cross-post the laws of the diktat of the perfection of the consumable, the shareable, in the era of the all-connected.

Madison very fortunately met, beyond talented technicians, whose photography is the job, photographers pros but also many amateurs, who allowed to deliver another perception of herself, far from the glamour, from the provocation, the standards of the modelling, in a sense of the look, in a color, received and immortalized feeling. It is the case on the photo below, for example. Let us hope that the road of Madison will be populated with these meetings, which make her to us discover, in images motionless as in movement, full of talent, of desire to crunch the life, as any mine would in return want to outline her of a line or two of the blood orange, the graphite, as a very beautiful way to stop the time.

Because beyond all the reflections to seem it in our current world, there is at first a fear of the death, the end, the one which haunts for a long time the human society. Because it is maybe about the character which defines best the Man today: the aggravated, close consciousness, of his finiteness, at these times when such accident, such attack, such natural disaster, reminds us to our condition. Madison and her walk-ons join then a fascinating role of representation, even embodiment of this uneven fight against time, for all eternity, this fight which we call the Art. No matter then the measurements (did we ask for them the models of Delacroix or Picasso?). Only the life counts, only the intention of life counts. And we have to admit that it soaks every corner of photo, every expression in front of the camera of young Madison, and of so many others, naturally.

It is in the sense that we chose to dedicate every week our « frontpage » of the site to their presentation, in the fact that we appreciate most their work, and to give them the opportunity to be supported in their realization by our readers. A vote which will allow them to be immortalized in their turn on the front page of our monthly magazine. This week, it is thus Madison Monino, that gives us the opportunity to evoke, in this section « Lifestyle », the universe of the models and the portfolios, at the same time as it gives to discover her work. Thank you for your supports (for them) and weekly the next one (with us), for a new exploration, around our initial subject:  » Talkin’ about my generation  » (what about speaking generations, uses, modes ?).

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