L’heure des bilans | Time for assessment


Si vous avez parcouru notre agenda, vous avez du constater que l’heure des festivals n’est pas encore terminée, puisque nombre de régions font l’effort de maintenir ouverte une scène musicale et artistique au-delà des seuls enjeux du tourisme estival. Pourtant, peu ou prou, le vin est tiré et l’heure des premiers bilans a sonné. [S]oundlyfe a choisi, plutôt que de vous offrir une déferlante de chiffres impressionnants et qui ne refléteraient pas la réalité de ce qui se passe, d’ouvrir une réflexion autour de la question de la survie de nos festivals.

Beaucoup ont fermé, et majoritairement pour une question d’argent. Pas obligatoirement de manque d’argent. Certains qui souhaitaient que les devises coulent à flot ne trouvent évidemment plus leur compte, la crise aidant. La recrudescence de grandes scènes au détriment des jeunes auteurs, dont les tenanciers comme les occupants sont gourmands, n’a pas aidé non plus (on pense au Festival des voix du Gaou à Six-Fours – France). Que reste-il alors aux organisateurs, portés par la volonté réelle de défendre l’intérêt des artistes tout autant que le développement des territoires (et le volet culturel y contribue plus qu’on ne pense) ? Certains évoquent le mécénat, comme pour les collections de musées. D’autres continuent de croire en la toute puissance publique, appuyés sur leurs subventions communales, départementales ou régionales. Inutile de croire que cela pourra tenir ainsi bien longtemps. Nombre d’élus, acculés ou pas par les problématiques financières de leur collectivité, ont d’ores et déjà annoncé des baisses voire des retraits du soutien aux œuvres, structures, artistes, lieux et autres acteurs du monde culturel.

L’exemple du Reggae Sun Ska Festival, qui se tient chaque mois d’août à Bordeaux (Gironde – France) nous a interpellés, qui fait appel à la diversification, comme en son temps la fête de l’Humanité à Paris, où les musiciens côtoyaient des acteurs, des créateurs, autour (sans entrer dans les a priori politiques) d’une volonté commune de rassemblement pour une cause. Les organisateurs du Reggae Sun Ska Festival ont donc ouvert la porte aux associations locales, qui pour un tournoi de foot (la météo ne leur a pas permis de mener à bien ce projet, dommage), qui pour telle ou telle animation. Et pas à pas, à l’expérience acquise au nombre des années, l’équipe (et quelle équipe, des centaines de bénévoles !) est parvenue à ajouter la justesse du modèle économique. Certes, le Festival n’est pas sauvé, mais il s’engage vers 2016 sereinement. Parviendra-t-il peu à peu à abandonner les subventions publiques, lui aussi, pour se tourner vers le soutien de structures privées (à la manière de certaines banques Françaises, connues pour leur soutien à l’Art) ? Ce revirement suffira-til, alors même que certaines des associations impliquées dans cette diversification vivent elles aussi d’argent public ?

Le financement de nos festivals est pour le moins toujours problématique. L’expérience de rendez-vous exceptionnels comme Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture, qui concentrent à un instant donné des millions d’euros, mais ne parviennent pas à pérenniser les acquis de la période, laissent présager de sombres jours pour la diversité culturelle et le devenir des artistes. Le public ne peut être, de manière crédible et pérenne, la seule source de compensation des manques à gagner. Mais il lui reste une arme, celle du choix : celui du prix (que suis-je prêt à dépenser pour tel ou tel spectacle ?), celui surtout du contenu, dans une démarche de pérennisation de la création, au détriment des seuls produits prêt-à-consommer des grandes multi-nationales du disque, mais pas seulement. Le débat des cinémas d’essais n’est pas loin, qui interpellait il y a presque vingt ans la société civile sur sa conception de la création cinématographique. L’occasion de faire entendre sa voix, à défaut d’entendre celle de tous ceux qui n’ont pas eu la possibilité cette année d’obtenir une date, un cachet, de quoi maintenir vivant le doux rêve de l’exception culturelle Française. Qu’en pensez-vous ? Qu’êtes-vous allés voir cet été en live ? Qu’êtes-vous prêts à dépenser pour une place de festival ? Tant de questions et toutes vos réponses sont les bienvenues sur nos réseaux sociaux : continuons le débat !


reggaesunska

If you traveled our schedule, you have of to notice that the hour of the festivals is not ended yet, because number of regions makes the effort to maintain open a musical and artistic scene beyond the only stakes in the summer tourism. Nevertheless, more or less, the wine is pulled and the hour of the first balance sheets rang. [S]oundlyfe chose, rather than to offer you a breaker of impressive numbers and which would not reflect the reality of what takes place, to open a reflection around the question of the survival of our festivals.

Many closed, and mainly for a question of money. Not necessarily of lack of money. Some who wished that the currencies flow do not obviously find some benefit any more, the crisis helping. The outbreak of big scenes to the detriment of the young authors, among whom the managers as the occupants are greedy, did not help either (we think of the Festival Les Voix du Gaou in Six-Fours – France). What does it remain then to the organizers, carried by the real will to defend the interest of the artists just as much as the development of territories (and the cultural part contributes to it more that we think)? Some evoke the sponsorship, as for the collections of museums. Others continue to believe in any public authorities, pressed on their municipal, departmental or regional subsidies. Useless to believe that it can hold so a very long time. Number of elected representatives, forced or not by the financial problems of their structure, already announced reductions even retreat of the support for the works, the structures, the artists, the places and other actors of the cultural world.

The example of the Reggae Sun Ska Festival, which is held every August in Bordeaux (Gironde – France) interpeeled us, who calls on to the diversification, as at the appropriate time L’Humanité festival in Paris, where the musicians were next to actors, to creators, all around (without entering the political prejudice) of a common will of gathering for a cause. The organizers of the Reggae Sun Ska Festival thus opened the door to the local associations, which for a tournament of soccer (the weather report has them not allowed to bring to a successful conclusion this project, it’s a pity), which for such or such animation. And step by step, to the acquired experience among the years, the team (and which team, hundreds of volunteers!) added the correctness of the economic model. Certainly, the Festival is not saved, but it undertakes by 2016 serenely. Will it little by little succeed in abandoning the public subsidies, too, in turning to the support of private structures (in the style of certain French banks, known for their support about the Art)? Will this reversal be enough, even though some of the associations involved in this diversification live too on public money?

The financing of our festivals is always problematic at least. The experience of meetings exceptional as Marseille Provence 2013, European capital of the culture, which concentrate at one moment several millions of euros, but do not succeed in perpetuating the experiences of this period, lead to predict of somber days for the cultural diversity and the future of the artists. The public cannot be, in a credible and long-lasting way, the only source of compensation of losses of income. But he has a weapon, that of the choice: that of the prize (what am I ready to spend on such or such show ?), that especially of the contents, in an approach of sustainability of the creation, to the detriment of the only products to be consumed from big multinationals of the musical records, but not only. The debate of art movies is not far, which called almost twenty years ago the civil society on its conception of the film creation. The opportunity to make its voice heard, opposite to all those who had no possibility this year to obtain a date, money, something enough to maintain living the soft dream of the French cultural exception. What do you think about it? What did you go to see this summer in live? What are you ready to spend on a place of festival? So many questions and all your answers are welcome on our social networks: let us continue the debate!

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